Festival 666 2025 : chaleur extrême, ambiance irréelle et édition de la confirmation à Cercoux

Publié le 29 septembre 2025 à 08:49

Festival 666 2025 : chaleur extrême, ambiance irréelle et édition de la confirmation à Cercoux

Le Festival 666 continue tranquillement mais sûrement de s’imposer comme l’un des rendez-vous les plus importants de l’été pour la scène metal française. Et cette édition 2025, organisée à Cercoux du 8 au 10 août, aura clairement marqué un tournant dans l’histoire du festival.Plus fluide, mieux organisé, plus confortable malgré des conditions météo infernales, le 666 semble aujourd’hui avoir trouvé son équilibre parfait : celui d’un événement capable de grandir sans perdre son âme profondément underground et humaine.

Trois jours sous une température écrasante

Dès l’ouverture des portes, le ton était donné. Soleil implacable, poussière omniprésente et températures étouffantes ont accompagné les festivaliers durant tout le week-end. Mais contrairement à certaines éditions passées où la circulation pouvait devenir compliquée, le festival avait cette fois clairement repensé son organisation.

La nouvelle entrée permettait un accès beaucoup plus fluide au site, tandis que le déplacement du merchandising groupes désengorgeait plusieurs zones. Le bar principal du bas, désormais placé face aux scènes, donnait également une toute autre dynamique à l’espace central du festival. Même chose du côté de la restauration,  le Festival 666 a clairement montré une volonté d’élargir son offre, notamment avec des alternatives végétariennes proposées sur l’ensemble des food trucks présents sur le site. Et malgré la fatigue liée à la chaleur, l’ambiance est restée impressionnante du début à la fin.

Car c’est probablement ça, la vraie force du 666 de pourvoir  conserver cette proximité unique entre public, bénévoles, artistes et organisation. Ici, tout paraît encore profondément accessible, sincère et passionné.

Voici l'affiche de l'édition 2025 et le Running Order :

Côté concert ...

Vendredi : entre noirceur, émotion et maîtrise technique

La première journée démarrait fort avec une programmation particulièrement variée. Les locaux de Régis ouvrent les hostilités dans une ambiance déjà électrique malgré un public encore en train d’arriver progressivement sur le site. (Nous sommes vendredi, et beaucoup sont encore au boulot ! ) Leur mélange de chaos punk, de thrash absurde et d’énergie ultra communicative lance parfaitement le festival.

Quelques heures plus tard, Point Mort impose une atmosphère beaucoup plus oppressante et intense. Le groupe confirme encore une fois son statut de formation incontournable de la scène alternative française actuelle avec une prestation habitée et viscérale. Le changement d’ambiance est total avec Altesia, qui offre l’un des premiers grands moments musicaux du week-end. Le groupe bordelais captive immédiatement grâce à ses compositions progressives ultra travaillées, naviguant entre passages atmosphériques, envolées mélodiques et séquences beaucoup plus agressives.

Puis vient la noirceur glaciale de Seth. Le groupe transforme littéralement Cercoux en cathédrale black metal. Entre riffs tranchants, ambiance ésotérique et présence scénique imposante, le set plonge le festival dans une atmosphère lourde et mystique. Dans un registre totalement différent, The Old Dead Tree apporte une dimension émotionnelle particulièrement forte à cette première soirée. Le retour du groupe continue de toucher profondément une partie du public français, et cela se ressent immédiatement devant la scène. Très belle découvre !

Mais le véritable choc du vendredi reste probablement Leprous. Les Norvégiens livrent un concert monumental. Chaque morceau semble exécuté avec une précision presque irréelle, tout en conservant une intensité émotionnelle constante. Einar Solberg impressionne par sa performance vocale tandis que le groupe enchaîne les montées en puissance avec une maîtrise totale.

La soirée se termine enfin dans une ambiance suffocante grâce à Horskh, qui transforme le site en énorme rave industrielle. Entre electro abrasive, lumières stroboscopiques et puissance sonore massive, le trio conclut cette première journée dans de façon magistrale.

Je n'oublie évidemment pas : Vestige, Death Décline et Mes copains de Blooming Discrod ; trois groupe que j'ai déjà eu l'occasion d'entendre en live !

Samedi, riffs massifs, ambiance explosive et communion générale : cette journée marque clairement l’explosion du festival.

Le site est plein très tôt, les bars tournent déjà à plein régime dès le début d’après-midi, et les premiers énormes mouvements de foule apparaissent rapidement malgré la chaleur toujours aussi difficile à supporter., nos corps souffrent, littéralement !  Les concerts s’enchaînent avec une intensité constante.

La journée démarre avec l’énergie abrasive de Overcharger, apportant  sa dose de sludge massif et de riffs écrasants, parfaitement adaptés à cette ambiance poussiéreuse et étouffante. D'ailleurs, le groupe nous a accordé une interview dans l'espace VIP. Il seront rapidement suivis par Dirty Dogz et TH3ORY, qui installent un mélange de metal moderne, hardcore et grosses rythmiques taillées pour le live. Le public, de plus en plus dense au fil des heures, répond facilement présent. aux appels des guitares... D'ailleurs, le lead de TH3ORY rejoindra la foule, soulevant la poussière au rythme d'un Circle pit !

En fin d’après-midi, Eight Sins apporte une énorme intensité hardcore avant que les vétérans de Nightmare ne viennent rappeler pourquoi ils restent une référence du heavy metal français. Puis arrive 7 Weeks, dont le stoner massif et mélodique crée une transition parfaite vers la soirée. Pas une nouveauté pour moi car je les avais vu il y a peu sur au Rocher Palmer.

Overcharger apporte sa dose de sludge massif et de riffs écrasants, parfaitement adaptés à cette ambiance poussiéreuse et étouffante. D'ailleurs, le groupe leur a accordé une interview dans l'espace VIP.

On poursuit avec les Californiens de Fu Manchu installent une ambiance totalement différente avec leur stoner rock désertique et hypnotique. Sous le soleil brûlant de Cercoux, leur groove semble presque naturel. Le public change ensuite complètement d’énergie avec Tagada Jones. Comme à chaque passage en festival, le groupe breton transforme immédiatement la fosse en gigantesque défouloir collectif. Les refrains sont repris par des centaines de personnes et les pogos deviennent rapidement incontrôlables. Comme le groupe qui succédera (Mass), la bande à Nico ne fait pas dans la dentelle, un chat est un chat et c'est pas le verbe du frontman qui dira le contraire...

Même constat pour Dirty Shirt, qui apporte une énorme dose de bonne humeur avec son mélange improbable de metal et de musiques traditionnelles. Le groupe déclenche une véritable fête devant la scène.

L’un des moments les plus attendus du week-end arrive : Mass Hysteria. Et très honnêtement, difficile d’imaginer le groupe dans un meilleur contexte que celui du Festival 666. Les fans du groupes sont venus en masse, souvent spécialement pour le groupe ; ce groupe fédérateur, porté par des messages sans détours et pas une condition profonde que seul, nous sommes rien, ensembles nous sommes solides ! C'est une messe, une communion musicale, mais Mass Hysteria c'est au-delà de ça : il faut le vivre en live, tout simplement ! Puis, on est "Positif à bloc !". Le son est colossal, la scène déborde d’énergie et le public en redemande. Entre passages ultra lourds, refrains fédérateurs et ambiance quasi militaire dans la fosse, le groupe confirme encore pourquoi il reste aujourd’hui l’une des références absolues du metal français en live.

La nuit tombe enfin sur Cercoux lorsque Shaârghot prend possession du festival. Et là, le site bascule complètement dans une autre dimension. Le groupe parisien transforme le 666 en univers cyberpunk dystopique. Costumes mutants, mise en scène futuriste, electro metal ultra agressif et ambiance de rave post-apocalyptique : impossible de décrocher les yeux de la scène. C'est la meilleure façon de clôturer cette journée riche en surprises et découvertes, en une communion explosive, sans retenue, avec déjà un peu de nostalgie, de se dire qu'il ne reste plus qu'une journée !

Le dimanche du Festival 666 avait quelque chose de plus rugueux et extrême que les jours précédents. Après l’explosion collective du samedi, cette dernière journée s’est imposée comme un véritable bloc de hardcore, de death metal et de metal moderne, dans une ambiance plus abrasive mais toujours aussi passionnée.

Dès le début d’après-midi, les festivaliers reprennent progressivement possession du site malgré la fatigue accumulée et la chaleur encore écrasante. Certains traînent devant les stands de merch, d’autres récupèrent à l’ombre avec une bière ou autour des foodtrucks pendant que les premiers riffs résonnent déjà sur les scènes. Même le dimanche, le festival conserve cette proximité rare où tout semble accessible et vivant. Moi, j'essaie de récupérer des points de vie, car mon corps devient lourd, comme pour beaucoup !

Les premiers groupes lancent rapidement les hostilités avec une énergie immédiate. Walnut Grove DC apporte une entrée en matière lourde et dynamique avant que CCW et Anesys ne durcissent progressivement le ton avec des sets beaucoup plus agressifs.

Au fil des heures, le public devient de plus en plus dense devant les scènes. Les circle pits se multiplient, les premiers crowd surfers apparaissent en continu et la poussière finit par recouvrir une bonne partie du site. Alternight puis Ashen confirment la montée en puissance de la scène metal moderne française avec des prestations extrêmement physiques et intenses. Leur set était vraiment frais et puissant ! Nous avons échangé en amont lors d'une interview.

L’un des moments les plus marquants de l’après-midi reste le passage de Alea Jacta Est, dont le hardcore frontal déclenche une véritable décharge d’énergie dans le pit. Derrière eux, Karras impose une ambiance beaucoup plus sombre et lourde, presque suffocante par moments.

En soirée, le festival bascule définitivement dans la violence sonore avec Guilt Trip, dont le set transforme immédiatement la fosse en zone de chaos permanent. Puis Paleface Swiss vient assommer le public avec un deathcore massif, brutal et sans respiration.

Pour clôturer cette édition 2025, Hatebreed livre un concert parfaitement taillé pour terminer le week-end. Une véritable démonstration de puissance où chaque breakdown déclenche une réaction immédiate dans le public. Entre communion hardcore, fatigue générale et euphorie collective, le dimanche du Festival 666 s’est terminé dans un immense sentiment de défoulement et de satisfaction.

En conclusion :

Le Festival 666 2025 aura été une édition exigeante, tant sur le plan climatique qu’artistique. La programmation a confirmé la montée en puissance du rendez-vous charentais, tout en maintenant une identité claire et cohérente. Sous une chaleur extrême, l’organisation a tenu son cap et le public a répondu présent. Un week-end intense, éprouvant, mais solidement maîtrisé.

L’édition 2025 du Festival 666 n’a pas seulement été une réussite musicale. Elle a constitué un test grandeur nature face aux contraintes climatiques actuelles, tout en confirmant la progression constante de l’événement dans le paysage metal français. À Cercoux, la chaleur était extrême, la poussière omniprésente, mais l’engagement du public et la cohérence de l’organisation ont permis au festival de tenir son cap.

Un rendez-vous qui continue de grandir sans perdre son caractère indépendant – et qui devra sans doute intégrer durablement la variable météo dans son évolution future.

 

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