Chronique : ELEMENT "Dreamer" - du rêve à la puissance mexicaine !
Le métal ne connaît pas de frontières. Avec ELEMENT et "Dreamer", les Mexicains nous entraînent dans leur univers, entre émotion et puissance, où chaque note raconte une histoire. Un album qui fait voyager et qui impose le respect.
Le métal français sur le toit du monde, certes, mais il ne faut pas oublier que ça cogne aussi ailleurs !
Cette fois, ce sont les Mexicains d’ELEMENT qui débarquent dans notre playlist avec "Dreamer", un album aux multiples facettes, qui nous offre un son heavy, symphonique et même chill. Des metalleux au grand cœur. Si tu cherches un son bourrin qui tabasse, passe ton chemin. Ici, il est question d'émotions, d'atmosphères et de respiration.
Parce que oui, ELEMENT totalise sept musiciens dans la formation ! ( Non, pas les sept nains de Blanche-Neige, plutôt ceux aux cheveux longs et au cuir noir). Netto Bojorquez et Juan Quiñónez se partagent guitares, épaulés par Ronnie Gastelum et Sergio Raso aux claviers, Carlos Jiménez à la basse, pendant que Haros reste imperturbable derrière ses fûts : une vraie machine collective, bien huilée, de l'écurie M&O Music.
Inutile de couper en quatre les cheveux d’un hardos, on entre directement dans le vif du sujet : l’album.
On vous emmène dans un quadriptyque conçu comme un voyage sonore :
Acte I ( Nom de zeus ! Marty! )
L’intro pose le décor dans une ambiance limite Poltergeist, de bon augure. “Let It Shine” déboule et ouvre le bal : riffs clairs, mélodies travaillées, un pur bonheur pour les maniaques de la six cordes, le tout appuyé par l’écho des paroles “dreamer… dreamer…” qui résonnent comme un cri du cœur. Le titre de l’album n’est pas là pour faire joli : il annonce la couleur.
La suite ne tarde pas à enfoncer le clou. “Over and Over” élargit le spectre : les claviers prennent de l’espace et donnent une autre dimension au morceau. La voix, avec ce timbre très marqué heavy 80’s, donne envie de ressortir le vieux veston en jean et de coudre un nouveau patch dragon à l’effigie du groupe.
Puis arrive “ Beat of a Heart ”, guitare acoustique dégainée, l’une des ballades de l’album, profonde et sincère. On sort le Zippo, on éclaire le ciel de mille lumières, au plus près des étoiles. Et ces petites sonorités latines, discrètes mais bien présentes habille l'ensemble. Impossible d’oublier d’où ils viennent.
" Love " clôt ce premier acte en douceur : 2 minutes 30 d’émotions, lumière plein les yeux.
Acte II
Avec l'arrivée de “Faces” les guitares s’alourdissent sans jamais basculer dans le brutal. Le metal prog pointe le bout de son nez, tel un chat qui avancerait à pas de velours. Arpèges à la sèche, touches de violon, cliquetis de baguettes, c'est le cocktail qui fait monter l’intensité ; un nouveau cap est franchi. L’outro piano nous guide naturellement vers “ Cicatrix ”, morceau introspectif, presque méditatif, qui satisfera les amateurs de contemplation.
À l’inverse, “ Look Inside ” est à la fois apaisante et libératrice... Ce morceau permet d’évacuer le stress du quotidien sans passer par une déflagration sonore qui n'apporterait rien de plus ! Parce que oui, le metal, qu'on le veuille ou non, c’est aussi la douceur, bon sang !
Acte III ( Droit dans le but ! )
On remet du carburant. “Awaken” marque le renouveau, le retour du phénix. On appuie doucement sur l’accélérateur, la machine repart légère mais combative. Batterie, claviers, guitares et basse trouvent un équilibre parfait, personne ne marche sur les plates‑bandes de l’autre. Le menu se déguste avec plaisir. “Beauty in the Pain” puis “Colors” clôturent ce troisième volet avec élégance. Et là, oui, une pointe de nostalgie commence à se faire sentir… De quoi faire verser une larme.
Acte IV
Les guitares se font plus lourdes, un riff qui flirte avec des ambiances à la Marilyn Manson ou même Matthew Bellamy (Muse). Les Mexicains seraient-ils en train de basculer du côté obscur de la force ? Petite démonstration de manche façon Steve Vai, juste ce qu’il faut. “Immortal Soldier” laisse les instrus s’exprimer, chacun y va de sa démonstration sans jamais tomber dans l’esbroufe. Et pour clôturer l’aventure, quoi de plus logique que “Dreamer” : le renouveau intérieur, la boucle est bouclée.
Finalement, "Dreamer" ce n'est pas juste un rêve, c’est aussi croire en les siens et les réaliser.
ELEMENT livre un album sincère, sensible, maîtrisé, qui ne cherche jamais à écraser l’auditeur mais à l’emmener avec lui. Un disque qui s’écoute, se ressent. Et parfois, ça fait un bien fou !
Line-up :
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Netto Bojorquez – guitare
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Juan Quiñónez – guitare
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Ronnie Gastelum – claviers
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Sergio Raso – claviers
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Carlos Jiménez – basse
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Haros – batterie
Tracklist :
- Let It Shine
- Over And Over
- Beat Of A Heart
- Love
- Faces
- Cicatrix
- Look Inside
- Awaken
- Beauty In The Pain
- Colors
- Immortal Soldier
- Everafter
- Dreamer
Chroniqué par Bertrand.
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