Stephen Wilson Jr. : un Trianon conquis et quatre nominations aux CMA Awards

Publié le 28 octobre 2026 à 15:12

Stephen Wilson Jr. : un Trianon conquis et quatre nominations aux CMA Awards

Le mardi 27 octobre 2026, Stephen Wilson Jr. donnait son premier concert français en tête d’affiche au Trianon, à Paris. Une soirée à guichets fermés pour un artiste encore trop peu connu du grand public en France, mais dont la musique, à la croisée du country-rock, de la folk et du grunge, ne laisse personne indifférent.

Jusqu’ici, le musicien américain ne s’était produit qu’une seule fois dans notre pays : en juillet 2024, au Casino de Paris, en version acoustique et en première partie de Joss Stone. Pour ce retour très attendu, il a offert au public parisien près de deux heures de concert intense, entre confidences personnelles, guitares habitées et décharges électriques.

Un concert intense entre country, folk et grunge

Sur scène, Stephen Wilson Jr. transforme ses compositions en véritables témoignages de vie. Il prend le temps de raconter les histoires qui les ont inspirées, avec ses mots et sa guitare acoustique, capable de produire des sonorités aussi puissantes que celles d’un instrument électrique.

Entouré de trois musiciens particulièrement investis — Julian Dorio à la batterie, Miles Burger à la basse, à la contrebasse et à l’harmonica, et Scotty Murray à la pedal steel —, il a notamment livré une version saisissante de "Gary", son titre nommé aux CMA Awards. Le morceau s’est transformé en un moment spectaculaire, porté par un long solo de guitare au milieu du public.

Après cette performance à la fois brute et intime, Stephen Wilson Jr. a terminé seul sur scène avec sa reprise de "Stand By Me", une interprétation viscérale qui a donné à cette soirée une conclusion particulièrement émouvante.

"Hunger Strike" avec Eddie Vedder : un hommage chargé de sens

Quelques heures avant de monter sur la scène du Trianon, Stephen Wilson Jr. avait publié la vidéo live de "Hunger Strike", interprétée en duo avec Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam, lors du Ohana Festival en septembre 2026.

Cette chanson de Temple of the Dog, écrite par Chris Cornell et enregistrée à l’origine avec Eddie Vedder, occupe une place particulière dans l’histoire du rock alternatif américain. Cette nouvelle interprétation prend ainsi une dimension toute particulière, en réunissant la voix de Vedder et l’approche habitée de Wilson.

Regarder la performance de "Hunger Strike" avec Eddie Vedder :

Quatre nominations aux CMA Awards pour "Gary"

Autre actualité majeure pour Stephen Wilson Jr. : il figure parmi les artistes les plus remarqués de la 60ᵉ cérémonie des CMA Awards, avec quatre nominations, notamment pour "Gary".

Le morceau est nommé dans les catégories Chanson de l’année, Clip vidéo de l’année, Chanteur de l’année pour l’artiste et Nouvel artiste de l’année.

Réalisé avec la participation de l’acteur Gary Sinise, connu notamment pour "Forrest Gump", "Apollo 13" et la série "Les Experts : Manhattan", le clip accompagne une chanson consacrée à ces travailleurs ordinaires qui font fonctionner le quotidien, souvent sans reconnaissance.

Comme l’explique le musicien, dans son univers familial, on apprend à réparer les choses parce qu’on n’a pas toujours les moyens de payer quelqu’un pour le faire. Les « Gary » sont ces personnes sur lesquelles tout le monde compte lorsque quelque chose tombe en panne. Derrière ce portrait, Stephen Wilson Jr. rend hommage à la classe ouvrière américaine.

Découvre "Gary" en vidéo :

"Cørnerman" : une chanson dédiée à son père

L’actualité de Stephen Wilson Jr. est également marquée par "Cørnerman", une chanson publiée pour célébrer le troisième anniversaire de son premier album, "søn of dad". Écrite en hommage à son père, disparu huit ans auparavant, elle prolonge la dimension profondément personnelle de son écriture.

Chez lui, les chansons sont rarement de simples exercices de style : elles racontent des souvenirs, des blessures et des personnages qui ont marqué sa vie.

De l’Indiana à Nashville, un parcours singulier

Originaire du sud de l’Indiana, où il a grandi auprès de son père dans un atelier de carrosserie, Stephen Wilson Jr. a suivi un parcours pour le moins atypique. Boxeur — il a notamment été finaliste des Indiana Golden Gloves —, il est également diplômé en microbiologie et en chimie de la Middle Tennessee State University. Avant de se consacrer pleinement à la musique, il a travaillé dans le domaine des sciences alimentaires.

En 2016, il quitte son laboratoire pour signer un contrat d’édition avec BMG Nashville. Son talent d’auteur lui permet alors de voir ses chansons enregistrées par des artistes tels que Caitlyn Smith, Old Dominion, Tim McGraw, Sixpence None the Richer et Leigh Nash.

Mais c’est en 2023 que son nom prend une nouvelle dimension avec la sortie de "søn of dad", son premier album publié chez Big Loud Records. Composé de 22 chansons, ce disque est dédié à la mémoire de son père et révèle un univers où la country se mêle au rock, à la folk et à des influences plus alternatives.

L’album séduit la presse spécialisée. Le média Holler le décrit comme un disque marquant, tandis que PopMatterssouligne la manière dont le rock dynamise ses compositions et dont les sonorités rurales enrichissent ses récits.

En 2024, Stephen Wilson Jr. apparaît dans les émissions américaines de Seth Meyers et Stephen Colbert, avant de se produire dans "Later… with Jools Holland" au Royaume-Uni.

Début 2025, une édition deluxe de "søn of dad" enrichit l’album de douze titres supplémentaires, dont sa reprise remarquée de "Stand By Me", devenue l’une de ses interprétations les plus populaires.

La même année, il publie "Blankets", un EP de reprises qui revisite notamment Nirvana, Temple of the Dog, The Postal Service et The Smashing Pumpkins.

Plus récemment, "Hardwired", avec la participation de Miranda Lambert, a confirmé son goût pour un rock ancré dans les réalités sociales et les histoires humaines. Quant à "Preacher’s Kid", le titre mêle énergie entraînante, irrévérence et influences allant du grunge au heartland rock de Bruce Springsteen, Bob Seger, Tom Petty et John Mellencamp.

Avec son écriture sans détour, sa voix singulière et sa capacité à naviguer entre les genres, Stephen Wilson Jr. poursuit son ascension. Son concert parisien confirme qu’il est désormais bien plus qu’un secret bien gardé de la scène américaine.

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