
Psykup + 7 weeks à la Rock School Barbey: sept ans d’attente, zéro déception!
Bordeaux, jeudi 15 octobre. Sept ans que Psykup n’avait pas foulé les planches de la Rock School Barbey. Les Toulousains reviennent en plateau partagé avec les Limougeauds de 7 Weeks, pour défendre "The Joke of Tomorrow" (2025) et revisiter trente ans de classiques. Les fans bordelais attendaient ce retour. Ils n’ont pas été déçus.
Pas de grande salle ce soir : c’est dans la petite salle de Barbey, à hauteur de regard, que tout se joue. Il y fait une chaleur d’étuve. Dans la fosse se côtoient des fans de la première heure et des curieux venus voir de quoi il retourne. Sur scène, pourtant, aucun musicien ne tombe la veste. Les cinq occupent chaque centimètre de l’estrade et ne relâchent jamais la pression.
Ce soir, l’affiche est retournée : Psykup ouvre, 7 Weeks boucle la nuit. L’intro s’étire, puis bascule sur "I Will Let You Down". Ouvrir un concert en promettant de décevoir : c’est tout Psykup. Depuis 1995, le groupe toulousain joue sérieusement sans jamais se prendre au sérieux. Sous ses facéties clownesques (un faux break sur « conga », interroger un public metal sur le R&B, entre autres), le groupe joue des compositions solides, avec des bases et des influences variées (jazz, groove, pop rock, rock progressif, riffs relevant presque du doom...). En bref, personne n’a le temps de s’ennuyer !
Un jeudi soir, rien n’est jamais acquis : le public arrive du travail et garde un pied dans sa journée. Psykup le sait et va le chercher titre après titre. Au fond, quelques irréductibles n’ont pas besoin qu’on les convainque : ils hurlent qu’ils attendent ce retour depuis 2019 ! Le reste de la salle se laisse gagner peu à peu, jusqu’à ce que "Sun Is the Limit" (Hello Karma!, 2021) achève de convaincre la salle.
Ce qui gagne la salle, c’est d’abord le choc des voix. Julien Cassarino, fondateur du groupe, alterne un lyrisme limpide et des aigus saturés d’une précision redoutable : le clown de la pochette de "The Joke of Tomorrow" a trouvé sa voix. À ses côtés, Matthieu Romarin passe du chant clair au growl. Quand Julien part dans l’aigu, Matthieu répond dans les graves, plus sombre, plus lourd. C’est dans cet écart que les morceaux trouvent leur tension.
Derrière eux, Brice Sansonetto cogne sans relâche, du premier au dernier titre, avec une constance qui force le respect. La basse de Julian Gretz groove là où on ne l’attend pas, et Dorian Dutech vit chaque riff à fond. Personne ne s’économise, et personne ne tire la couverture à soi.
Le nouvel album occupe sept des seize titres ( "Fear Is the Key", "Drinks on Me", "Same Player", "Bigger Than Life", "Burn After Hearing"...), et il irrigue le set sans le noyer. Les anciens morceaux ont aussi leur place, parfois là où on ne les attendait plus, comme "Birdy", tiré de "We Love You All" (2008). Les fans de longue date s’y retrouvent, et les nouveaux venus en prennent plein les oreilles. Les passages mélodiques montent, puis l’énergie brute revient sans prévenir. Un concert de Psykup tient moins du set que des montagnes russes.
Passer après ça n’a rien d’évident. 7 Weeks s’y colle sans trembler. Le power trio de Limoges joue une musique plus garage, à l’américaine, qui sent le bitume chaud de la Route 66. Il ouvre sur "Going Back Home", morceau-titre d’un nouveau disque produit à Londres par Adrian Bushby, passé par les Foo Fighters et Muse ! Le son est épais, les solos distordus, l’ensemble tend vers un mélange des Black Keys et de Queens of the Stone Age. Le trio joue à deux pas du premier rang, enjoignant la salle à se rapprocher de la scène ; les mains claquent au-dessus des têtes et les sourires ne quittent plus la fosse.
À la basse et au chant, Julien Bernard joue comme un guitariste rythmique, avec un son brut et solide, et chante d’une voix tout aussi massive. À ses côtés, Gérald Gimenez fait hurler sa guitare et dompte parfois le larsen à genoux. Derrière, Jérémy Cantin-Gaucher tape fort, tape juste et ne lâche rien. En clair, 7 Weeks se distingue par son dynamisme et par son indépendance. Comme le rappelle Julien Bernard, le groupe fait tout de A à Z : ses disques sortent sur son propre label, F2M Planet, et cette autonomie ne l’a pas empêché de jouer sur la Mainstage du Hellfest en 2024.
Au final, une nuit portée par deux groupes aux styles totalement différents, mais unis par une même exigence. La tournée de Psykup continue : Montpellier (Rockstore) le 30 octobre, Savigny-le-Temple (L’Empreinte) le 14 novembre, Béthune le 19, Vitry-le-François le 20 et Annecy (Le Brise Glace) le 21, avant un retour à la maison le 12 décembre, au Metronum de Toulouse. Après cette tournée avec Psykup, 7 Weeks poursuit sa route jusqu’à La Maroquinerie, à Paris, le 22 janvier.
Report écrit par GersendeL. pour Bastonne!
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