Dolloster en Interview avec Bastonne! se livre autour de "The Crave"

Publié le 2 juin 2026 à 18:00

Dolloster en Interview avec Bastonne! se livre autour de "The Crave"

Après un premier album remarqué, "New Tomorrow", paru en 2023, les Bordelais de Dolloster reviennent avec un nouvel EP, "The Crave", et un line-up renouvelé qui semble avoir insufflé une nouvelle dynamique au groupe. Entre héritage hard rock des années 70 et 80, énergie brute, authenticité et envie de faire vivre le rock sur scène, la formation girondine affirme plus que jamais son identité. À l'occasion de la sortie de ce nouvel opus, Bastonne! a accordé une interview Dorian, fondateur et guitariste du groupe, et Loup Malevil, le frontman  de la bande !

Bastonne! :  Bonjour Dolloster ; comment allez-vous sous le soleil de Bordeaux ?
- Dorian : On profite du retour du soleil en préparant nos prochains concerts. Mais avec cette chaleur, j’espère que les événements ne seront pas annulés.

Bastonne! : Justement, le groupe a pris naissance en terre girondine en 2013, racontez-nous votre rencontre.
- Dorian : Le groupe est né lorsque j’étais au lycée, au moment où je commençais la guitare. Je voulais jouer du hard rock, inspiré par les groupes que j’écoutais à l’époque. Au fil des années, le line-up a beaucoup évolué, jusqu’à la sortie de notre premier album en 2023, et encore aujourd’hui avec l’arrivée de cet EP.

Bastonne! Après votre premier album « New Tomorow », sorti en 2023, vous revenez avec un EP « The Crave ». Aujourd’hui, est-ce que le format EP est devenu plus adapté qu’un album complet ?
- Dorian : C’est une question pertinente, surtout dans le contexte actuel. Les gens prennent parfois moins le temps d’écouter un album complet de 10 -12 titres. Mais pour nous, cet EP était surtout l’occasion d’explorer une nouvelle direction artistique et de retrouver le plaisir de présenter de nouveaux morceaux.
Bastonne! : Vous venez de sortir "Over The Ocean", le premier single de cet EP ; j’y lis à la fois de la solitude, de la tristesse et de la résilience ; peut-être que je me trompe ?
- Loup : Non, c'est tout à fait ça, la tristesse, la solitude et en effet cette forme de résignation qu'on assimile à la résilience souvent de manière positive. Or pour moi ça  ne l'est pas vraiment. Je suis plus partisan d'une saine colère, d'une résistance dans ce que ça peut comprendre de violence. Tout ça pour dire, que le personnage de la chanson est conscient de l'avenir tragique qui l'attend à travers son parcours de migration. Il est lucide. C'est ce que je voulais témoigner avec ce titre.

Bastonne! : Le line-up a évolué avec l’arrivée de Loup Malevil et d'Alexis Barthelmebs. Concrètement, qu’est-ce que ça a changé dans le son et dans l’équilibre du groupe ?
- Dorian : Oui, totalement. Nous sommes désormais sur un son plus marqué 70’s, tout en conservant une identité moderne. Sur scène, l’équilibre entre nous quatre est devenu très naturel, presque instinctif.
Bastonne! : La voix de Loup Malevil est très marquée, très incarnée. Quand il est arrivé dans le groupe, vous avez tout de suite senti que ça allait changer l’identité de Dolloster ?
- Dorian : Oui. J’ai immédiatement accroché à sa voix. Elle m’a aussi inspiré dans la création de cet EP.
- Loup : Et pour moi c'est un retour aux sources puisque c'est ma musique de cœur. L'esthétique dans laquelle j'ai évolué et fait mes armes notamment pendant dix ans au sein d'un groupe toulousain nommé Sabotage. Donc même si maintenant je m'inscris plus durablement dans la scène country-rock ou Metal ou même Punk-rock avec mes autres projets ; j'ai bien réalisé que je ne pourrais jamais faire sans un véritable groupe de Hard Rock dans ma vie. Et puis pour rebondir sur ce qu'à dit Dorian précédemment, c'est à cet endroit que ma voix de ténor, claire et puissante peut s'exprimer le mieux, je pense.

Bastonne! : Racontez-nous les envies que vous aviez lors de la création des chansons de cet EP ? Aviez-vous déjà une vision globale ou les morceaux ont construit l’identité du disque petit à petit ?
- Dorian : Comme pour le premier album, tout part souvent d’une idée à la guitare. Je fais une démo, je la présente au groupe, et les morceaux prennent forme collectivement. Nous n’avions pas de vision globale figée : chaque morceau  existe de manière assez indépendante.

Bastonne! : Justement, vous revendiquez un héritage rock très 70’s/80’s. Est-ce que sortir un EP, uniquement en digital, est un choix moderne en cohésion avec l’époque actuelle, ou une nécessité financière ?

- Dorian : C’est avant tout une contrainte financière. Nous aimerions proposer un format physique, et nous travaillons justement sur quelque chose qui pourrait voir le jour plus tard.

Bastonne! : Entre les débuts et aujourd’hui, qu’est-ce qui a le plus changé dans votre manière de faire du rock ?
- Dorian : Notre manière de faire n’a pas fondamentalement changé. Quand on se retrouve, on veut simplement faire du rock entre potes, sans prise de tête. Avec l’expérience, les choses vont juste plus vite et plus naturellement.

Bastonne! : Le rock des années 70/80 parlait souvent d’excès, de liberté et de décadence. Est-ce qu’un groupe peut encore vivre ça aujourd’hui ou tout est devenu plus contrôlé ?
- Dorian : Je ne pense pas. Le regard du public est devenu plus exigeant et  plus intrusif. Comme on doit partager constamment du contenu et des moments de vie, il y a moins de place pour les excès sans conséquences. Aujourd’hui, tout peut devenir un buzz très rapidement. À une époque, on allait voir Jimi Hendrix ou The Doors pour vivre la musique, pas pour juger une performance.

Bastonne! Quelles sont vos références de cette période ?
- Dorian : Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple. Ensuite Guns N’ Roses, Aerosmith, et plus récemment Rival Sons, The Winery Dogs... Et on pourrait en citer encore Beaucoup !

Bastonne! : On ne peut pas faire du « Rock 70’s » en français ?

- Dorian : Je pense que si, mais c’est un vrai défi ; mais  pour cela, il faudrait surtout demander à  Loup.
- Loup : Sincèrement, je ne pense pas que ce soit impossible, et ça a d'ailleurs déjà été fait. Même si ce sont peut être plus les groupes de hard rock qui me viennent en tête présentement... En tout cas, je serais vraiment ravi d'en écouter une version contemporaine. En ce qui me concerne, il ne s'agit pas de ma culture musicale et de l'environnement sonore auquel j'ai été habitué  depuis mon enfance au Canada. Voilà  la raison principale pour laquelle je préfère m'exprimer et chanter en anglais. L'autre étant la poésie et les jeux de langages qui m'inspirent.

Bastonne! :  Dorian, tu joues de la guitare sans médiator, comme Jared James Nichols, pour lequel, il me semble, tu as une affection particulière, pourquoi jouer sans médiator et cela change quoi, pour les non-initiés ?

- Dorian : J’ai découvert Jared en 2012, en même temps que Richie Kotzen, qui joue aussi sans médiator. Ça m’a intrigué, car je trouvais qu’il y avait une proximité avec la guitare qu’on n’a pas avec un médiator. J’ai essayé, et j’ai dû choisir entre les deux techniques, car je n’avais pas le temps de tout travailler comme je le voulais.

Bastonne! : C’est quoi votre plus grande force actuellement : les chansons, l’énergie live ou votre identité ?
- Dorian : Je dirais que c’est le live, qui regroupe la spontanéité et la proximité avec le public. C’est là qu’on dégage le vrai rock’n’roll !

- Loup : Définitivement le live. L’agressivité, l'impertinence, l'excès et la surprise, l'humour aussi. C'est ça qui fait je pense que nos show sont uniques. A l'ère des playlists
générées par l'IA, je pense d'ailleurs que ça doit être notre exigence première que de faire vivre la musique en live  avec le public,  le temps d'un concert.

Bastonne! :  Est-ce que Dolloster est aujourd’hui plus proche de ce que vous aviez imaginé au départ ou complètement différent ?

- Dorian : Aujourd’hui, nous nous en rapprochons davantage qu’auparavant. Le line-up actuel partage le même univers artistique, ce qui nous permet de nous rapprocher
progressivement de l’idée que j’avais initialement d’un groupe de hard rock.

Bastonne! :  Si quelqu’un découvre le groupe avec “The Crave”, vous aimeriez qu’il retienne quoi de vous et de votre musique ?
- Dorian : J’aimerais qu’il se dise que notre musique peut l’aider à affronter des journées parfois difficiles. Qu’elle lui apporte du bonheur, et surtout qu’il vienne nous voir en live.
Bastonne! Si vous deviez résumer votre groupe en trois mots, ce serait lesquels ? 
- Dorian : Partage, engagement, rock’n’roll.
- Loup : Je paraphrase ça avec mes mots car Dorian peut-être timide parfois :"Sex, drogue* et musique live" !

Bastonne! On vous laisse le mot de la fin, les messages que vous auriez envie de faire passer ;)
- Dolloster: Merci à toutes celles et ceux qui prendront le temps de lire cette interview. Merci à Bastonne! pour le temps accordé à cette entrevue
Et merci à toutes les personnes qui iront écouter notre EP, disponible  depuis le 29/05/2026.

 

*Cela reste tune expression est absolument une apologie à la consommation de produits illicites !

 

Découvre ici la première vidéo sortie "Over The Ocean" :

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